Comment le père Noël est-il devenu l’ami des enfants ?

17 décembre 2020

En décembre, les heures supplémentaires sont légion chez Belgocontrol : un sympathique vieillard se promène d’abord sur les toits à dos d’âne et quelques jours plus tard, un bonhomme ventripotent et souriant traverse le ciel avec sa meute de rennes. Oui … toi là-bas, avec ton ho-ho-ho : es-tu bien sûr de pouvoir rentrer dans la zone de basses émissions avec les émissions de méthane de Rudolph et ses amis ? Et ça, ce n’est qu’en Belgique. Car tout comme saint Nicolas, le père Noël se retrouve sous différents aspects un peu partout dans le monde, avec à chaque fois ses particularités. Mais toujours chargé de la même mission : apporter un cadeau aux enfants sages.

Made in America

La variante stéréotypée du père Noël avec son ventre rebondi et son grand sourire est une trouvaille d’un certain Clement Clarke Moore. En journée, l’Américain était professeur de littérature grecque et d’étude biblique. Mais après ses heures, il aimait écrire des poèmes. En 1823, Santa Claus, une combinaison imaginaire entre « notre » saint Nicolas et le « Father Christmas » britannique, allait faire son apparition dans « The Night Before Christmas ». Ce poème fut décisif pour l’illustrateur Thomas Nast. Il y ajouta les rennes, l’atelier du pôle Nord et les elfes. Et voilà, un nouvel ami des enfants était prêt à conquérir le monde.

Belgique, Pays-Bas et France : vive le cumul

Les colons emmenèrent leur histoire de Saint Nicolas en Europe. Et tant d’années plus tard, le saint homme doit lutter pour sa survie car, tel un rouleau compresseur, la version américaine du père Noël se fraie également un chemin chez nous, des vitrines au sapin de Noël. Mais bon, les enfants sages ont tout à y gagner. Car la plupart d’entre eux reçoivent la visite des deux hommes à la barbe blanche. Bref, les bambins raflent deux fois la mise. Ou formulé de manière plus éducative : comment comprendre le concept de cumul dès le plus jeune âge. :-)

Finlande : de bouc à mouton noir

Le père Noël finlandais est connu sous le nom de Joulupukki auprès des autorités. Une petite histoire délicate. Il fut jadis un personnage méchant à l’allure de bouc. Il faisait régner la peur et la terreur pour forcer les enfants à être sages. Afin de ramener le calme, les villageois se réunissaient chaque année pour chasser festivement le Joulupukki. Au fil des ans, ce « croque-mitaine » a perdu ses manières de bouc pour se transformer progressivement en suivant l’exemple américain. Aujourd’hui, un brave homme rondouillard distribue aussi ses cadeaux en Finlande fin décembre, mais sans méchanceté et sans embê-ê-ê-êter les enfants.

Sibérie et Islande : seulement quand il fait glacial

Question : comment dit-on « grand-père gel » en sibérien ? En effet, Ded Moroz, alias le cruel roi des glaces. À l’issue d’une réconfortante transition, il a heureusement fondu pour se transformer en un homme bon qui combattait l’injustice, par exemple en couvrant de diamants une belle-fille injustement répudiée afin de la consoler. De Ded Moroz à Sugar Daddy, il faut le faire... Mais les Islandais font encore plus fort. Là-bas, pas de père Noël, mais les Jólasveinar : treize jeunes vagabonds, tous descendants de deux trolls, Grýlar et Leppalúði. Cette bande de voyous chassait les vilains enfants pour les dévorer « à la troll ». Au fil des ans, ces ogres se sont mués en des lutins de Noël minces et gentils. Là aussi, ces anciens bandits déposent aujourd’hui des friandises dans les chaussures.

Des mots chaleureux pour l’enfant Jésus

À choisir, ElaN préfère encore le Christkindl le symbole de Noël en Allemagne, en Autriche et en Suisse. Pourquoi ? Simplement parce que la veille de Noël, cet ange minuscule sait se glisser dans les maisons par le trou de la serrure pour y déposer des cadeaux. Tout comme nous vous faisons profiter de réconfortantes délicatesses linguistiques via une minuscule connexion internet. Et le plus beau ? Nous le faisons toute l’année, pas rien qu’à Noël. :-)