En 2019, Nissan Motor Company s’est vue contrainte de payer une amende de 15 millions d’USD pour mettre fin aux poursuites engagées par les autorités américaines de régulation. La problématique principale concernait la sous-déclaration de rémunérations de dirigeants et des pratiques frauduleuses, mais tout un volet de l’enquête portait sur des incohérences dans la traduction de documents financiers.
Des inexactitudes et des omissions dans les différentes versions linguistiques avaient conduit des investisseurs à se méprendre sur les pratiques réelles de l’entreprise en matière de rémunération. Ce qui aurait pu, de prime abord, passer pour des détails techniques liés à la traduction est devenu un élément de preuve dans un scandale financier retentissant.
Bien évidemment, l’affaire était complexe et ne se résumait pas à une série d’erreurs linguistiques. Mais elle met en évidence une vérité plus fondamentale : avec la mondialisation croissante des services financiers, les enjeux liés à la précision de la traduction n’ont jamais été aussi grands. Une virgule décimale mal placée, un malentendu culturel ou un terme ambigu peuvent donner lieu à des infractions réglementaires, à des pertes financières et à une perte de confiance parmi les professionnels.
Qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?
Imaginez la situation suivante : une société d’investissement britannique souhaite s’implanter sur le marché français car elle a repéré un potentiel de croissance intéressant au cœur de l’Europe. Pour se développer, il lui faut traduire divers documents de l’anglais vers le français, dont un prospectus de 110 pages, des rapports trimestriels destinés aux investisseurs, des documents de marketing et plusieurs documents d’information sur les risques. Misant sur un LLM (Large Language Model) et l’aide d’un collaborateur interne parlant le français, la société opte pour la solution rapide et économique. Cela lui permet d’être très ambitieuse et de pénétrer le marché en trois mois.
Cela peut paraître incroyablement audacieux comme décision mais le raisonnement de l’entreprise n’est pas totalement illogique :
- le français comme l’anglais sont des langues communément utilisées dans la finance internationale ;
- comme ce sont des langues européennes importantes, on présume que les LLM ne souffrent pas d’un manque de données pour s’entraîner et apprendre dans les deux langues ;
- et, enfin, le collaborateur parle couramment français et connaît le jargon financier (bien que principalement en anglais).
Et donc, cher lecteur, chère lectrice, qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?
Eh bien, manifestement beaucoup de choses… Prenons, par exemple, la traduction du prospectus, qui évoque à plusieurs reprises l’investissement du fonds dans des positions en
« equity ». Le terme a été traduit par « actions », qui est le terme français communément utilisé pour désigner les actions et parts sociales. Or, la structure du fonds de la société comprend également des actions privilégiées et d’autres titres similaires à des actions. Dans le jargon financier français, ces distinctions sont importantes et les termes « titres de capital » ou
« instruments de capitaux propres » sont plus précis.
Une autre erreur de traduction a été causée par un faux ami : le mot « billion ». Le LLM a conservé le terme tel quel dans la traduction française et le traducteur interne est tombé directement dans le piège linguistique. Le mot « billion » en français correspond en réalité à
« trillion » en anglais, et la traduction française correcte aurait donc dû être « milliard ». La différence est plutôt importante. Jugez-en donc : elle fait passer la somme de 1 000 000 000 £ à 1 000 000 000 000 £.
Ce ne sont là que deux exemples parmi les nombreuses erreurs figurant dans les documents traduits. Les documents d’investissement soumis à réglementation en France exigent une terminologie précise lorsqu’ils traitent, par exemple, d’informations relatives aux performances historiques. La précision des libellés revêt une importance capitale pour l’AMF (Autorité des Marchés financiers), ce dont ni la traduction standard du LLM ni le relecteur interne n’ont tenu compte.
De la solution simple et bon marché à la solution fastidieuse et onéreuse
Peu après le lancement de sa campagne marketing, l’entreprise britannique a été confrontée aux conséquences de ses erreurs de traduction. Prenons l’exemple de la confusion milliard/billion (billion/trillion). Les équipes d’investissement françaises ont compris qu’il s’agissait d’une erreur de traduction. Néanmoins, cela a suscité des inquiétudes quant à l’attention du détail portée par la société et, plus important encore, quant à sa connaissance du marché français. Si l’entreprise est incapable d’éviter ces erreurs linguistiques « élémentaires », comment pourrait-elle réussir à s’implanter en France ?
Mais faire mauvaise impression, c’est encore relativement inoffensif par rapport aux problèmes qui peuvent surgir quand l’AMF s’en mêle. Si le personnel de cette dernière constate des problèmes de conformité dans les documents de la société, cela peut constituer une violation des exigences françaises en matière de documentation du fonds. Ce qui, à son tour, peut marquer le début d’un processus de contrôle fastidieux et complexe au cours duquel toutes les activités de l’entreprise doivent être mises à l’arrêt pour résoudre les problèmes dans les documents. Cette solution à première vue simple et bon marché s’est donc révélée être fastidieuse et onéreuse.
Quatre piliers
Il s’agit certes d’un scénario fictif mais il s’inspire d’événements réels et factuels. Les textes financiers ne peuvent jamais être traités de manière standard. Chaque document et chaque contexte sont différents et impliquent donc une approche différente.
Sous certains angles, la traduction financière diffère fondamentalement des autres formes de traduction. Elle implique de naviguer dans des cadres réglementaires complexes, de faire preuve de précision mathématique et de comprendre comment les concepts financiers varient selon les cultures et les systèmes juridiques.
Les quatre piliers de toute traduction financière digne de ce nom sont les suivants :
- Précision terminologique : Le langage financier est truffé de termes techniques qui n’ont souvent pas d’équivalent précis dans d’autres langues. Par exemple, le terme « bond » en anglais recouvre divers instruments susceptibles d’être distingués par des termes spécifiques dans d’autres langues. Un terme tel que « equity » peut désigner une part dans le capital, l’équité ou la valeur liquidative, selon le contexte. Les traducteurs financiers doivent comprendre les concepts financiers associés à ces termes.
- Conformité réglementaire : Chaque juridiction a des exigences spécifiques quant à la manière dont les informations financières doivent être présentées. Ce qui constitue une communication du risque correcte sur un marché peut s’avérer insuffisant sur un autre. Les traducteurs financiers doivent veiller à ce que les documents soient conformes aux normes réglementaires locales tout en préservant la cohérence avec le texte source.
- Nuances culturelles et contextuelles : Les comportements envers le risque, les conventions relatives à la présentation des données financières ainsi que les attentes en matière de transparence varient d’un marché à l’autre. Une traduction précise peut rester inadéquate si elle ne correspond pas à la culture financière du public cible.
- Formatage technique : Les formats de date, les séparateurs numériques, les conventions monétaires et les normes comptables varient dans le monde entier. Une simple négligence, telle que la confusion entre les conventions européennes et américaines pour les virgules décimales et les séparateurs de milliers, peut transformer 10 000,50 en 10,00050 voire pire. Cela peut déboucher sur une interprétation totalement erronée des chiffres financiers.
Vous souhaitez avoir la certitude que ces quatre piliers seront préservés dans vos projets de traduction financière ? Si vous êtes en train de consulter la page de blog d’ELAN Languages, c’est déjà un excellent début.
AI Bridge d’ELAN, un pont vers de meilleures traductions
Dans le monde des affaires d’aujourd’hui, la vitesse et la précision sont essentielles. ELAN Languages est en mesure de répondre à ces deux exigences en vous proposant la combinaison parfaite entre expertise technologique et savoir-faire financier.
Commençons par l’aspect technologique. L’IA peut-elle être un élément de la solution qu’il vous faut ? Bien sûr ! Elle présente un potentiel époustouflant mais tous les LLM ou toutes les plateformes de traduction automatique ne conviendront pas de la même manière à vos documents. Avec AI Bridge d’ELAN, vous pouvez sélectionner et utiliser la bonne technologie pour votre contenu. Correctement personnalisée, avec un prompting d’expert, elle prend en compte votre terminologie, vos guides stylistiques, vos mémoires de traduction et les exigences spécifiques du projet en question. Nous sélectionnons le bon outil d’IA pour garantir le meilleur résultat possible pour chaque projet de traduction financière.
Vient ensuite l’expertise. Nous disposons d’un vaste réseau de traducteurs financiers parfaitement à l’aise dans le monde de la finance. Ces spécialistes révisent votre traduction de manière à garantir que vos documents ne seront jamais source de problèmes de conformité ou d’ambiguïté financière. Ils fournissent le meilleur niveau de qualité à chaque fois.
Vos données financières n’ont pas de prix
Enfin, il est primordial de protéger vos données financières. L’utilisation d’outils d’IA standard et/ou gratuits présente de sérieux risques de sécurité pour vos informations les plus précieuses. ELAN Languages travaille avec des plateformes sécurisées qui respectent les normes les plus strictes (ISO 27001), pour garantir que vos contenus ne quittent jamais l’infrastructure et l’écosystème de votre entreprise.
Chez ELAN Languages, la confidentialité est toujours une priorité absolue. Nous protégeons vos informations financières en appliquant des procédures et des protocoles rigoureux. En outre, tous nos traducteurs sont tenus de signer des accords de confidentialité, garantissant ainsi le maintien de la sécurité de vos documents tout au long du processus de traduction.
Dans notre prochain article de blog, nous aborderons plus en détail un cas client réel dans lequel notre outil AI Bridge a donné des résultats remarquables sans compromettre ni la qualité, ni la sécurité. Une traduction financière résolument fascinante. D’ici là, vous pouvez compter sur nous (c’est le cas de le dire) pour tous vos besoins ou toutes vos questions en matière de traduction financière.
Nous contacter
Vous avez besoin d’une traduction financière irréprochable ? Vous avez des questions concernant notre solution AI Bridge et ce qu’elle peut représenter pour vos documents financiers multilingues ? ELAN Languages propose des solutions de traduction pour tous les types de documents financiers, dont les rapports annuels, les documents de conformité, les états financiers, les études d’investissement, les documents bancaires, les polices d’assurance, etc.
Contactez Valerie Kerten : valeriekerten@elanlanguages.com – +32 11 49 04 68.
Elle répondra à toutes vos questions en matière de traduction financière et pourra également vous fournir une offre sans engagement.